Philosophie

UTOPIES.

Villes rêvées, pensées, réalisées…au fil des siècles…

Les utopies sont le moteur du progrès. C’est un besoin essentiel des hommes de se projeter dans un monde meilleur, reflétant par leur situation, leur organisation sociale et politique…les aspirations des hommes à vivre dans une société plus juste, plus libre et donc plus heureuse.

Le mot utopie apparait pour le première fois au XVI ème siècle. C’est Thomas MORE qui l’invente lorsqu’il écrit en 1516 son “ court traité sur la meilleure forme de gouvernement”

Thomas MORE (1478-1535)

Du Grec”U” préfixe négatif, et “TOPOS” endroit.

Utopie signifie donc “qui ne se trouve nulle part”

Mais l’idée de l’utopie est bien plus ancienne que le mot. On trouve ses racines dans la mythologie antique, la philosophie grecque, ou la doctrine chrétienne.

Le paradis perdu.

Dans la Genèse, Adam et Eve vivent au jardin d’Eden. Lieu de délices et de perfection, le Paradis comporte en son centre une source d’eau vive qui se divise en quatre fleuves qui vont irriguer le monde, et deux arbres, l’arbre de vie et l’arbre du bien et du mal.

El jardín de las Delicias, de El Bosco

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L’âge d’or.

Dans la tradition gréco-latine, l’Age d’Or est un état primordial ou les hommes vivent sans souffrir ni vieillir, ou la nature  généreuse les dispenses du travail, ou règnent la paix et la justice.

La Tour de Babel.

La Tour de Babel est évoquée dans la Genèse. Peut après le déluge, les hommes entreprennent de bâtir une ville et une tour dont le sommet toucherait le ciel et leur permettraient d’atteindre Dieu. La Tour de Babel symbolise l’impossible rêve des hommes de réaliser par eux mêmes une cité idéale.

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La Tour de Babel. Pieter BRUEGEL, 1563

Grand humaniste, très attentif aux savoirs techniques de son temps, BRUEGEL représente ici la phase de construction de la tour.

Jérusalem : la ville rêvée promise aux hommes.

Au début de l’ère Chrétienne, dans le nouveau Testament, Saint Jean décrit un monde parfait, débarrassé du mal. “La Jérusalem Céleste” avenir promis par Dieu au peuple des justes.

Ce sera un bonheur inouï …le jour ou le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages.

Tenture de l'Apocalypse

La ville idéale d’Hippodamos Vème siècle av JC.

L’architecte Hippodamos est chargé de reconstruire la ville de Milet détruite par les Perses. Il dessine la première ville pensée géométriquement. Pour lui, en repensant la forme de la ville, on peut aussi en repenser la vie sociale. Il répartie une cité de 5040 habitants en trois classes : artisans, agriculteurs, soldats. Il souhaite une ville artificielle, sans plus aucune référence avec la nature. Tous les habitants seront des citoyens à part égale. Ni esclaves, ni artistes, ni pauvres…

Un système de part sa géométrie et sa mécanique, parfait.

Milet2

Au IV ème siècle av. JC : La cité idéale de Platon.

“Ne verra t-on pas disparaître les procès et les accusations réciproques, dans notre cité où chacun des gardiens n’aura qu’à soi que son propre corps, et où tout le reste sera commun ?

Ne s’ensuit-il pas que nos citoyens seront alors à l’abri de tous conflits que fait naître parmi les hommes la possession de richesses, d’enfants et de parents ?

Ainsi ils seront délivrés de toutes ces misères, et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs olympiques.”

Platon, La république, livre V,IV ème siècle av. JC.

Les cités idéales de la Renaissance.

Au tournant du XV e et du XVI e siècle, Léonard de Vinci imagine des formes d’urbanisme novatrices, qui traduisent un souci d’ordre et d’hygiène.

François 1er, en se projetant de faire de Romorantin le capitale du Royaume, donne à Léonard de Vinci l’occasion d’exprimer son génie.

Léonard de Vinci propose alors des inventions technologiques dignes de nos villes modernes : circulation à double niveau, système d’évacuation des déchets et même liaisons européennes expresses, grâce à un réseau de canaux astucieusement dessiné. Il envisage des machines pour élever le foin dans les greniers afin de distribuer celui-ci par des tuyaux étroits dans les mangeoires, ainsi que des systèmes de nettoyages automatique.

Romorantin

Utopia, l’île merveilleuse. VXI ème siècle.

Dans son livre intitulé Utopia, Thomas More décrit une île merveilleuse qu’il nomme Utopia ou vivent 100 000 personnes.

Les Utopiens divisent l’intervalle d’un jour et d’une nuit en vingt quatre heures égales. Six heures sont employées aux travaux matériels. Tout le monde en Utopie, est occupé à des arts et à des métiers réellement utiles. Le travail est de courte durée, mais il produit l’abondance.

Le but des institutions sociales en Utopie est d’abord de fournir aux besoins de la consommation publique et individuelle, puis de laisser à chacun le plus de temps possible pour s’affranchir  de la servitude du corps, cultiver librement son esprit, développer ses facultés intellectuelles par l’étude des sciences et des lettres.

Utopia Thomas More 1516

L’idéal humaniste de Rabelais XVIème siècle.

En 1532, François Rabelais proposa sa vision personnelle de la cité utopique idéale en décrivant dans “Gargantua” l’abbaye de Thélème.

Une construction comprenant 9332 chambres. Chaque bâtiment sera haut de dix étages. Un tout à l’égout débouchera dans le fleuve. De nombreuses bibliothèques, un parc avec une fontaine au centre.

Les hôtes de l’abbaye sont trié sur le volet. N’y sont admis que des hommes et des femmes bien nés, libres d’esprit, instruits, vertueux, beaux…

Dans la journée chacun fait ce qu’il veut, travail s’il le souhaite, sinon se repose, boit, s’amuse, fait l’amour. Les horloges sont supprimées, ce qui évite toute notion du temps. On se réveil à son gré, mange quand on a faim. Les violences, l’agitation, les querelles sont bannies.

Abbaye de Thélème

Au XVII ème siècle, Campanella invente la Cité du Soleil.

La Cité du Soleil de Tommaso Campanella (1623) décrit une société où, jusque dans le détail, tous les aspects de l’existences sont réglés collectivement.

Les Solariens se conduisent les uns envers les autres, de telle sorte qu’on les dirait membre d’un seul corps. Leurs lois peu nombreuses, courtes et claires sont écrites sur des tables d’airain

la cité du Soleil

Aux XVIII ème siècle, les architectes des lumières.

Les architectes visionnaires du XVIII ème siècle néoclassique : Boullé (1728-1799), Ledoux (1736-1806), ou Lequeu (1757-1825), imaginent des cités et des édifices qui, avant de répondre à des besoins, incarnent des valeurs et des vertus. Ce sont de grandioses fictions architecturales.

le cénotaphe de Newton

L’utopie au XIX ème siècle, sous le signe du progrès.

A la fin du XIX ème siècle l’Electricité illumine les ténèbres, les moyens de communication rapprochent les hommes et suppriment les distances : Les Expositions Universelles créent pour un instant le monde idéal que façonnent les techniques toutes puissantes. Les moyen de la fiction permettent d’exalter les merveilles de la science et une mythologie moderne se crée.

Albert Robida

Au XIX ème siècle, Jules Verne invente des mondes et devient le père de la science fiction.

Très inspiré par les progrès scientifiques de son temps, Jules Verne écrit de nombreux romans dans lesquels il invente des îles, des villes, des machines extraordinaires.

De la fusée au sous marin, ses personnages utilisent des engins totalement futuristes pour voyager à travers la terre et les cieux.

“voyage au centre de la terre”

“cinq semaines en ballon.”

Le XX ème siècle.

Il est d’une part le siècle où il devient techniquement envisageable de réaliser les utopies du passé et d’autre part il est le siècle où apparaissent les limites du progrès…

Quelques ébauchent déjà…comme à Auroville en Inde, ville en création, imaginé  par le philosophe Sri Aurobindo.

Ou bien Arcosanti, l’utopie de Paolo Soleri.

Et demain ?…

Alors que l’immense majorité de la population mondiale vivra bientôt en ville, à quoi ressembleront alors nos cités ?

Ville de l’espace…

Ville qui marche… (walking city on the océan Ron Herron)

Ville végétale…

Pourquoi pas… une cité de paix et d’harmonie…

“Les utopies ne sont souvent que des vérités prématurées “

LAMARTINE

Mireille VISCONTI

 

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